04
Jan
13

Révolution égyptienne : Les femmes paient le prix fort

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Á l’heure où l’Égypte s’embrase à nouveau, rendons hommage au courage des femmes égyptiennes qui, malgré les dangers, ont bravé et continuent de braver les violences armées militaires et policières. Tabassées dans la rue, traînées sur le bitume par les cheveux, mises en détention arbitraire, humiliées, violées… Les femmes n’en finissent pas de payer le prix fort pour leur liberté et pour celle de leur pays. Elles étaient pourtant en première ligne lors de la révolution du 25 janvier 2011. Depuis le soulèvement du peuple contre le régime en place, elles sont stigmatisées et exposées à des atteintes aux droits humains spécifiques au genre, notamment des atteintes sexuelles. L’armée a recours, de façon systématique, à une répression violente contre des manifestantes pacifiques.

Deux cas illustrent cette force armée excessive et non justifiée, envers les femmes.

 Plus jamais de test de virginité !

 En mars 2011, des soldats emprisonnent dix-huit femmes présentes pacifiquement sur la place Tahrir. Détenues quatre jours aux mains de l’armée, elles sont frappées, sont insultées, traitées de prostituées et reçoivent des décharges électriques. Les  militaires les obligent à se dévêtir entièrement, dans le but délibéré de les terroriser. Certaines d’entre elles, craignant d’être violées, affirment qu’elles sont vierges. Elles subissent alors « le test de virginité », c’est à dire des fouilles au corps très intrusives et terriblement traumatisantes. Tests que l’armée s’est engagée à ne plus pratiquer en juin 2012. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Stop à l’impunité totale !

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Décembre 2011, des soldats frappent des femmes, y compris au sol. L’une d’elle s’appelle Azza Hilal Ahmad Souleiman (photo ci-dessus). Elle a 49 ans. Elle est venue manifester avec un ami. Elle s’interpose entre des soldats et une jeune fille qu’ils sont en train de déshabiller violemment. Elle les exhorte à arrêter. C’est alors qu’ils s’acharnent sur elle. Ils sont deux, cinq, puis dix à lui sauter littéralement dessus et à la frapper à coups de bâton et de pied. Puis les soldats partent poursuivre d’autres manifestants et laissent Azza et son ami tous deux inconscients au sol. Les vidéos montrent une agression très courte et d’une extrême violence. La jeune femme se réveille à l’hôpital entre la vie et la mort avec notamment une fracture du crâne. Elle subit encore aujourd’hui des troubles de la mémoire. Aucun membre des forces armées n’a rendu de compte malgré une plainte contre l’armée déposée par le frère d’Azza Hilal Ahmad Souleiman et elle-même à sa sortie de l’hôpital un mois plus tard.  La jeune femme n’a, à ce jour, reçu aucune réparation pour le préjudice suivi.

Aujourd’hui, Azza Hilal Ahmad Souleiman est devenue le symbole de la répression aveugle envers les femmes que peut déployer un appareil d’État.

Amnesty International demande aux autorités égyptiennes d’engager une enquête indépendante afin de traduire les responsables devant un tribunal.  Azza Hilal Ahmad Souleiman doit aussi recevoir une pleine réparation pour cette agression.

Signez une pétition en ligne en faveur d’ Azza Hilal Ahmad Souleiman.

La première action se déroule dans le cadre de la campagne « De la paix à la maison à la paix dans le monde : défions le militarisme et finissons-en avec la violence faite aux femmes ». La seconde qui concerne Azza Hilal Ahmad Souleiman croise le Marathon des signatures.

Marilyn Beaufour (commission armes Amnesty international France)

Photos

Women protestors Cairo, 28 January 2011, Copyright Sarah Carr

Azza Hilal Ahmad Souleiman, Copyright AI


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