04
Déc
12

Les femmes premières victimes de la violence armée

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Triste constat : les violences qui touchent les femmes s’avèrent disproportionnées, et ce dans le monde entier. Juste parce que ces personnes sont nées filles. Partout et à des degrés divers, elles sont victimes de prostitution forcée, de viol, d’atteintes sexuelles, de coups dans leurs propres maisons, dans la rue… Pour bon nombre de personnes de sexe féminin, la paix n’existe tout bonnement pas. Après la campagne « Halte à la violence faite aux femmes » qui s’est achevée en 2010, Amnesty International propose 16 jours de mobilisation « De la paix à la maison à la paix dans le monde : défions le militarisme et finissons-en avec la violence faite aux femmes », du 25 novembre au 10 décembre. L’idée est d’utiliser les textes et traités internationaux existants et d’exhorter les États à les appliquer. Le début de cette mobilisation coïncide avec le 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

 Tout d’abord, quelques définitions.

La violence liée au genre concerne les femmes et les jeunes filles en raison de leur sexe en les plaçant d’emblée comme inférieures aux hommes, en l’absence de reconnaissance des droits fondamentaux par les gouvernements d’une part et par la société d’autre part. Cette violence diffère des autres types de violences car elle s’exerce uniquement sur une personne du fait de son sexe. Amnesty International a exploré ce thème dans plusieurs ouvrages, fruits de longues enquêtes dont « Armes à feu :les femmes en danger » (2005) et « Les violences faites aux femmes en France : une affaire d’Etat » (2006).

 Le militarisme est une idéologie qui engendre une culture de la peur et qui favorise la violence. Elle préconise le règlement des différents ou des conflits par des interventions militaires. Enfin, elle prône la supériorité de la masculinité. Les violences sexuelles sont décuplées pendant les périodes de guerre et souvent après. Les femmes sont souvent perçues comme « butin de guerre ».

 

 Ça suffit !

 Amnesty International préconise :

Les États doivent prendre les mesures adéquates afin d’empêcher la violence sexuelle et la violence liée au genre.

Les victimes doivent bénéficier de réparations pleines et effectives. C’est à dire des mesures concrètes, émanant du droit international.

 Les Principes fondamentaux et directives concernant le droit à un recours et à réparation des victimes de violations flagrantes du droit international relatif aux droits humains et de violations graves du droit international humanitaire [ONU] déterminent cinq types de réparations que les États sont obligés d’apporter aux victimes de crimes de droit international.

1- La restitution (rendre la liberté, un emploi ou un domicile), de façon à recréer à l’identique la situation de la personne avant la violation.

2- L’indemnisation. Il s’agit de verser à la victime une somme d’argent en compensation des préjudices subis, physique, psychologique, ainsi que pour les dommages matériels et la perte de revenus.

3- La réadaptation se caractérisant notamment par une prise en charge médicale et sociale ainsi que par l’accès aux services juridiques et sociaux.

4- La réhabilitation peut revêtir plusieurs aspects, comme l’établissement de la vérité sur les crimes, des excuses publiques, des cérémonies du souvenir ou des hommages aux victimes.

5- Les garanties de non répétition peuvent se réaliser en renforçant l’indépendance de la justice, en modifiant les lois qui ont rendu les crimes possibles et en formant en matière de droit humain les responsables de l’application des lois.

 Avec des exemples pris dans des pays différents, Amnesty international et les autres ONG internationales qui participent à cette mobilisation espèrent ainsi montrer la dimension mondiale de la violence liée au genre.

Car :

La violence sexuelle et liée au genre dans le contexte du militarisme existe dans toutes les régions du monde.

Les victimes de violences sexuelles et de viols commis en temps de guerre ont droit à des réparations, au même titre que toutes les autres victimes.

Amnesty International soutient les victimes de violences sexuelles liées au genre.

Les femmes et les jeunes filles ne doivent pas rester la cible de violences sexuelles et liées au genre lors de manifestations ou quand elles sont détenues.

 Marilyn Beaufour (commission armes d’Amnesty international France)

 Copyright photo : REUTERS/Buddhika Weerasinghe. 


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