20
Juin
12

Nouvelles preuves de représailles meurtrières en Syrie

Amnesty International vient de publier un nouveau rapport intitulé Deadly Reprisals dans lequel de nouvelles preuves de violations généralisées et systématiques perpétrées par le régime syrien contre les populations civiles sont mises à jour.

Au cours des derniers mois, la situation semble avoir évolué vers un conflit armé dans différentes parties du pays. Les confrontations armées entre les forces gouvernementales et les groupes armés de l’opposition sont devenues plus communes, la fréquence et la brutalité des représailles du gouvernement contre les villes et villages soutenant l’opposition ont aussi augmenté. Ceci dans le cadre d’une politique gouvernementale visant à se venger de groupes soupçonnés de soutenir l’opposition et à intimider la population dans le but de la forcer à se soumettre.

Lors des récentes enquêtes sur le terrain, Amnesty International a trouvé de nouvelles preuves inquiétantes de graves violations dont la plupart sont constitutives de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Des crimes perpétrés par l’armée syrienne dans les villes et villages autour d’Idlib et Alep ainsi qu’au nord-ouest de Hama entre fin février et fin mai 2012. Villes et villages sont sous le siège de troupes qui tirent indistinctement vers ces zones et visent ceux désirant y entrer ou en sortir.

Partout, les habitants ont décrits à Amnesty International des raids répétés menés par les forces armées et les milices qui balaient  la zone avec des douzaines de tanks et de véhicules blindés et, dans certains cas, soutenus par des hélicoptères de combat tirant sans distinction sur les civils fuyant la zone. Des hélicoptères d’attaques dont Hillary Clinton a récemment dénoncé la livraison par la Russie au régime de Bachar-al-Assad ainsi qu’Amnesty International.

Les familles des victimes ont décrit à Amnesty International comment leurs proches ont été traînés hors de chez eux et abattus par des soldats qui dans certains cas ont mis feu au corps des victimes. Des soldats et des membres des milices chabiha ont brûlé des maisons et des immeubles, et tiré sans discernement sur des zones résidentielles, tuant et blessant des passants civils. Les personnes arrêtées, y compris des personnes malades ou âgées, ont été systématiquement torturées, parfois à mort. Beaucoup ont été soumises à une disparition forcée et il est aujourd’hui impossible de savoir ce qui leur est arrivé.

Parmi les victimes, trois frères Yousef, Bilal et Talal Hai Hussein, âgés de 22, 24 et 26 ans, qui ont été arrêtés chez eux devant leur mère et leurs sœurs à Sarmin au petit matin le 23 mars 2012. Les soldats ont abattus les frères d’une balle dans la tête dans la rue devant leur maison et ont mis le feu à leurs corps qu’ils ont laissé brûler. Selon leur famille et les activistes locaux, ces trois frères, tous travailleurs dans le bâtiment, n’étaient pas des combattants mais étaient présents lors des manifestations. Leur mère a déclaré à Amnesty : « Ils ont tué mes fils, la plus chère des choses que j’ai eue, et puis ils ont profané leurs corps en les brûlant. Comment une mère peut supporter une telle douleur?  »

Dans les régions d’Idlib et d’Alep où Amnesty a mené ses recherches de terrain pour ce rapport, les combats ont atteint le niveau et l’intensité d’un conflit armé non international. Cela signifie que le droit de la guerre (le droit humanitaire international) s’applique et que nombre des violations reportées reviennent à des crimes de guerre.

Toutes ces violations des droits humains et du droit international montrent à quel point il est urgent que la communauté internationale agisse avec fermeté pour enrayer les attaques de plus en plus fréquentes lancées contre les civils par les forces gouvernementales et des milices agissant en toute impunité.

Des résolutions concrètes sont urgentes pour arrêter la spirale croissante de violence en Syrie. Parmi d’autres choses, Amnesty International en appelle à la communauté internationale en premier lieu pour  que les Nations unies imposent immédiatement un embargo sur les armes à la Syrie dans le but de stopper les transferts d’armes et d’équipements militaires aux forces gouvernementales syriennes. C’est la première des urgences. Elle appelle également la communauté internationale à négocier et adopter un traité international fort sur le commerce des armes en juillet prochain pour éviter que se répètent de telles pertes catastrophiques en vies humaines.


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