31
Mai
12

AK-47 : l’arme de milliers d’enfants-soldats

Dans beaucoup de pays, des garçons et des filles sont recrutés, de force ou de leur plein gré, par les forces gouvernementales et les groupes armés. Amnesty International estime que 250 000 enfants soldats sont exploités au sein d’au moins 55 groupes armés ou forces gouvernementales.

Ces enfants-soldats sont souvent munis de fusils d’assaut Kalachnikov. Ce sont les armes les plus répandues, plus de 100 millions circuleraient aujourd’hui à travers le monde sur un total de plus de 875 millions d’armes à feu en circulation. La prolifération des AK-47 a causé la large utilisation de ces armes mortelles pour massacrer, mutiler, violer, torturer et alimenter la criminalité dans de nombreux pays comme en Irak, au Mexique, en RDC, au Yémen.

Inventé en 1947, la demande dans de nombreuses parties du monde pour ces fusils d’assaut Kalachnikov reste forte, notamment parce que le prix est relativement faible. Contrairement au prix des autres produits de base mondiaux tels que le pétrole, le prix d’une Kalachnikov continue de baisser en termes réels, aidant sa prolifération dans les régions pourtant les plus pauvres du monde.

L’AK-47 est peu coûteux à fabriquer, plutôt léger et très simple à utiliser  et entretenir, même sur le champ de bataille. Sa réputation de robustesse et de fiabilité n’est plus à faire. Il peut encore tirer après avoir été plongé dans l’eau ou le sable. Ces caractéristiques le rendent extrêmement populaire, en particulier auprès des groupes armés et des Etats ayant peu de moyens budgétaires pour équiper leurs troupes.

Dans les zones de conflits armés et de répression en Afrique, les fusils Kalachnikovs ont acquis la réputation d’arme de destruction massive et de terreur. Ces fusils sont ainsi souvent utilisés par des combattants peu ou pas entraînés et sont responsables de la mort directe ou indirecte de millions de morts. Par exemple, en RDC ou au Tchad, les leaders des milices ont exploité la légèreté et la simplicité d’utilisation des AK-47 pour équiper la plupart des 30 000 à 35 000 enfants soldats dont nombre d’entre eux ont été abusés sexuellement par leurs commandants, et forcés à tuer ou à assister à des atrocités.

« Lorsqu’ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s’il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tout juste 17 ans et il a dit non ; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite ils m’ont demandé si je voulais m’engager, alors qu’est-ce que je pouvais faire- je ne voulais pas mourir. » Un ancien enfant soldat enlevé à l’âge de 13 ans.

L’utilisation d’enfants au sein de groupes armés est pourtant prohibée par le droit international. Le 25 mai 2000, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté le Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant, concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Ce texte marque une réelle avancée dans la lutte contre la participation des enfants à des conflits armés.

Le 14 mars dernier Thomas Lubanga Dyilo, chef d’un groupe armé congolais, a été reconnu coupable d’avoir utilisé des enfants dans le cadre d’un conflit armé. Cette condamnation montre que la Cour pénale internationale (CPI) est en mesure de traduire en justice les pires criminels et offre un espoir pour les générations à venir, selon Amnesty International : « Le jugement prononcé aujourd’hui fera réfléchir ceux qui, à travers le monde, se rendent coupables du terrible crime consistant à utiliser et maltraiter des enfants, sur les champs de bataille et ailleurs ».

Mais si les enfants peuvent parfois devenir les acteurs de cette violence armée, ils n’en sont pas moins les premières victimes comme c’est le cas en Syrie où les enfants ne sont pas à l’abri des horreurs de la répression.

La prolifération et la facilité d’accès aux fusils d’assaut AK-47 continuent d’engendrer des atrocités. En l’absence de traité international visant à réglementer la vente de ces armes et aucune organisation internationale pour surveiller efficacement les transferts d’armes légères et de petit calibre, les Kalachnikovs sont devenus des produits mondiaux maintenant échangés, stockés et produits dans plus de pays qu’ils ne l’ont jamais été depuis leur invention il y a soixante ans.

Depuis son invention il y a soixante ans, la Kalachnikov n’a jamais été fabriquée dans autant de pays ni causé autant de souffrances qu’à l’heure actuelle.


1 Response to “AK-47 : l’arme de milliers d’enfants-soldats”


  1. 1 MIB
    juillet 20, 2012 à 1:55

    Accuser l’arme, c’est bien se cacher derrière ceux qui les vendent.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :