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Mai
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Dans un Irak instable, les armes circulent massivement et librement

Aujourd’hui, l’Irak est l’exemple criant d’un pays en pleine instabilité où les armes prolifèrent et circulent sans contrôle aux mains des différents groupes armés.

En Irak, la prolifération incontrôlée, la mauvaise gestion et l’utilisation abusive flagrante d’armes provenant d’une multitude de pays ont été favorisées par l’absence d’un traité juridiquement contraignant. Un tel texte exigerait des États qu’ils instaurent des dispositifs de protection responsables, efficaces et transparents lorsqu’ils envisagent le transfert d’armes classiques. Des armes et munitions ont ainsi été transférées en Irak alors qu’il existait un risque important qu’elles soient utilisées à mauvais escient ou détournées pour commettre de graves violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains.

La facilité avec laquelle il est possible de se procurer des armes légères et l’absence d’obligation de rendre des comptes quant à leur gestion et leur mauvais usage en Irak ont notamment permis à des groupes armés de commettre des atrocités. Des milliers de civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués ou blessés, des travailleurs humanitaires ont été enlevés. Des communautés, qui vivaient auparavant dans une relative harmonie, ont été projetées dans un conflit ouvert depuis l’invasion militaire des États-Unis et de leurs alliés en mars 2003. La violence a également provoqué le déplacement de plus de quatre millions d’Irakiens.

On estime qu’avant l’invasion du pays, en 2003, il y avait 15 millions d’armes légères et de petit calibre en Irak, pour une population d’environ 25 millions de personnes. Tous les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que la Bulgarie, la Biélorussie, la Bosnie, l’Ukraine, la Serbie et la Syrie, ont fourni des  armes et du matériel connexe au gouvernement irakien, bien que ces armes soient utilisées pour commettre de graves violations des droits humains. Juste avant l’invasion menée par les États-Unis, le gouvernement irakien aurait apparemment distribué des armes légères et de petit calibre à plusieurs secteurs de la population irakienne.

Depuis 2003, le ministère de la Défense des États-Unis a directement financé le transfert en Irak d’au moins 800 000 armes de type soviétique et pistolets de 9 mm en provenance de plusieurs pays. Par ailleurs, le gouvernement irakien, qui reçoit une aide financière des États-Unis, prévoit de se procurer au moins 262 000 armes légères aux États-Unis, en Chine et en Serbie. En 2008, Amnesty International a estimé que des contrats et commandes portant sur le transfert de plus d’un million d’armes légères ont été conclus depuis 2003. L’objectif déclaré de ces contrats a été d’armer les 531 000 membres des forces militaires, de sécurité et de police irakienne, bien que ces forces possèdent déjà de telles armes.

Malgré cet afflux et cette prolifération considérables, les porte-parole des États-Unis et de leurs alliés ont admis qu’ils ne savaient pas ce qu’étaient devenues bon nombre des armes importées avec l’aide des États-Unis, et que des stocks avaient été détournés et récupérés par des individus, des milices et des groupes armés qui commentent de graves atteintes aux droits humains, comme l’ont signalé Amnesty International et TransArms dans un rapport publié en mai 2006.

En 2007, le Pentagone a admis avoir perdu la trace de 190.000 pistolets et fusils automatiques AK-47 livrés en 2004 et 2005 aux forces gouvernementales irakiennes, soit 54% des armes destinées à la police et à l’armée, selon un rapport du Government Accountability Office.

Dans un rapport qu’il a rendu public en mai 2008, l’inspecteur général de ce ministère a révélé que ce dernier était incapable de justifier des dépenses de plusieurs milliards de dollars faites en vertu de contrats commerciaux et de diverses autres ententes pour fournir des armes à l’Irak, à l’Afghanistan et à l’Égypte, et améliorer la sécurité dans ces pays. Amnesty International a déclaré que le ministère de la Défense des États- Unis a passé, entre 2003 et 2007, 47 contrats portant sur la livraison d’armes et de munitions d’une valeur totale frôlant les 217 millions de dollars US.

De 2003 à 2006, plus de 20 pays ont vendu, aux termes de contrats commerciaux, des armes de type militaire et des munitions à des entités situées en Irak, pour un montant total de 226 millions de dollars et plus de 9 000 tonnes. Des milliers d’armes saisies à des groupes armés et des particuliers depuis 2003 ont été de nouveau mises en circulation, puis remises à neuf et redistribuées aux forces irakiennes. Selon des représentants des États-Unis, « certaines d’entre elles (AK-47) ont plus de trente ans. Elles sont globalement indestructibles ».


1 Response to “Dans un Irak instable, les armes circulent massivement et librement”


  1. 1 KLAHN
    mai 23, 2012 à 1:50

    quand la communauté Internationale va donc agir ….?


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