Archives de l'auteur pour veilleedarmes

30
oct
09

Les plus grands exportateurs d’armes s’engagent pour un Traité international sur le commerce des armes (TCA) pour 2012 !

Communiqué de presse de la plateforme française “Contrôlez les Armes !” :

Aujourd’hui, à l’ONU, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, et 150 pays s’engagent dans le processus d’élaboration d’un TCA. Seul le Zimbawe a voté contre. Les ONG de la plateforme française — présentes à New York à l’Assemblée générale de l’ONU — se félicitent de ce vote historique. La plateforme française attend un traité fort qui s’appuie sur la règle d’or : respect des droits humains, du droit international humanitaire et des exigences de développement économique et social comme l’a souligné à l’instant le Nigeria au nom de la CEDEAO.

Tableau de vote de l'Assemblée générale le 30/09/2009 (c) B. Muracciole« Ce vote est un pas décisif dans la prévention des graves violations des droits humains. Jamais dans l’histoire, les États ne s’étaient engagés aussi fortement dans un traité de régulation des armes classiques » a déclaré Benoît Muracciole d’Amnesty International France.

D’après Didier Destremeau du Secours Catholique – Caritas France, « Après plusieurs années de mobilisation globale autour du TCA, les États s’engagent à ouvrir des négociations pour adopter un traité lors d’une conférence internationale en 2012. Ce délai doit absolument être respecté ».

Toutefois, à l’initiative des Etats-Unis, la procédure d’adoption du traité en 2012 se fera au consensus. Ce droit de veto accordé à chaque Etat participant suscite des interrogations sur l’aboutissement des négociations.

« Nous redoublerons de vigilance pour que ce processus débouche sur un traité fort, avec des standards élevés afin que le commerce irresponsable des armes s’arrête. C’est une condition indispensable pour le développement des pays pauvres. Nous nous réjouissons donc de savoir que les Etats-Unis ont rejoint le processus » a déclaré Zobel Behalal du CCFD – Terre Solidaire.

« Aucun État ne doit être autorisé à bloquer le processus du TCA quand il est clair qu’une large majorité d’États est favorable à un traité fort » a souligné Patrice Bouveret de l’Observatoire des armements.

Les ONG se félicitent du rôle joué par la France, particulièrement engagée en faveur de l’adoption d’un traité depuis le début du processus, et lui demandent de rester vigilante afin que les négociations ne soient pas paralysées par des États qui voudraient affaiblir le futur traité.

« L’heure est maintenant à la réflexion et au débat sur le contenu du traité qui doit, pour être efficace, respecter les principes des droits de l’Homme, du droit international humanitaire et du développement économique et social, de manière à réduire significativement les coûts humains associés à la prolifération des armes » a conclu Nicolas Vercken d’Oxfam France – Agir ici.

Vous pouvez téléchargez le texte de la résolution L38 intitulé : “Traité sur le commerce des armes” en français et en anglais

Vous pouvez prendre connaissance des grands principes pour le TCA dans ce slide-show :

02
oct
09

Journée de mobilisation pour les victimes de Gaza (2)

(c) Amnesty International“Après que la maison de Sabah fut touchée, j’ai couru dehors, Sabah, elle, était en feu et tenait son bébé dans les bras, il était complètement brûlé. Son mari et des enfants étaient morts, d’autres brûlaient. Les ambulances ne pouvaient venir car elles étaient bloquées par l’armée israélienne… “.

G. Garrigos et B. Muracciole (c) F. MonnerieCe témoignage a été lu par Benoît MURACCIOLE (le discours intégral), responsable de la campagne Contrôlez les Armes pour Amnesty International France, lors du rassemblement prévu par l’organisation le 29 septembre 2009 sur la place de l’Opéra (Paris), pour exprimer la solidarité en faveur des victimes de l’opération israélienne Plomb durci.

Une “flash mob” était organisée par Amnesty France, avec l’aide d’Emilie Benoist, artiste plasticienne. Cette dernière avait élaboré des costumes portés par des militants, qui simulaient des blessures suite à l’utilisation d’armes au phosphore blanc. L’usage d’armes au phosphore blanc par les Forces de Défense Israélienne (FDI) lors du conflit, que ce soit pour produire des écrans de fumée ou à des fins offensives en direction des populations civiles a provoqué des dommages inacceptables. En effet, il a été rapporté “des brûlures chimiques s’accompagnant d’une douleur intense, des dommages au tissu [...] le phosphore peut atteindre des organes internes en causant des dommages” (Amnesty International, rapport du 23 février 2009).  L’usage de ces armes a été dénoncé pendant et à la suite de ce conflit. Les FDI ont par ailleurs reconnu l’utilisation de ce type d’armes.

Die-in pour l'évènement Gaza (c) F. MonnerieLa mise en scène prévoyait aussi deux “die-in”, des moments où les militants s’allongeaient au sol pour simuler les morts de ce conflit. Le nombre de victime est estimé entre 1166 selon les FDI et 1400 selon les diverses organisations présentes sur le terrain, dont Amnesty International. Le nombre de civils morts est variable selon les sources, mais il représente une part importante du nombre de mort total. Les blessés, estimés à 5000 personnes, sont majoritairement civils.

Enfin, des membres d’Amnesty International France ont lu des textes sur le sujet, dont une lettre de l’ambassadeur Stéphane HESSEL, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Geneviève GARRIGOS, présidente d’Amnesty International France, a lu les recommandations de l’organisation, en particulier pour la mise en œuvre du rapport de la Mission d’établissement des faits Goldstone, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Les trois mots d’ordre sont :

- Justice, vérité et réparationMilitants Amnesty pour l'évènement Gaza (c) F. Monnerie

- Pas d’impunité pour les criminels de guerre

- Embargo total sur les armes

Benoît MURACCIOLE a rappelé à ce sujet que “ce sont les graves violations réitérées des droits humains et du droit international humanitaires, crimes de guerre, possibles crimes contre l’humanité, par l’armées israélienne et, à une échelle moindre, par les groupes armés palestiniens, qui nous conduisent à demander d’urgence un embargo sur les armes“.

Vous pouvez participer à cette action en signant la pétition en ligne à l’attention de Bernard Kouchner, Ministre des affaires étrangères

Vous pouvez téléchargez le discours de Benoit MURACCIOLE

Vous pouvez voir des photographies de cette manifestation ici et sur notre compte Flickr

Vous pouvez aussi regardez cette vidéo de Christophe SAINT MARTIN, responsable de la Commission Armes pour Amnesty International France, datant de juin 2009, expliquant les utilisations d’armes lors du conflit :



26
sept
09

Journée de mobilisation pour les victimes de la guerre de Gaza

Mardi 29 septembre, à 18h, place de l’Opéra, Amnesty International France organise une action de mobilisation pour les victimes de la guerre de Gaza.

Destruction dans Gaza, Yarmouk Street, 21 Janvier 2009 (c) Amnesty InternationalCette action accompagne une campagne, commencée dès le début de la guerre dans la bande de Gaza, fin décembre 2008, demandant vérité, justice et un embargo sur les armes. A la suite de la publication du rapport de la Mission d’établissement des faits Goldstone, mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Amnesty International se mobilise pour qu’il n’y ait pas d’impunité pour les crimes relevés. En effet, la Mission a conclu “que tant les forces israéliennes que les groupes armés palestiniens ont commis des atteintes graves au droit international, y compris des crimes de guerre et des actes qui pourraient être considérés comme des crimes contre l’humanité“.

Les crimes de guerre et autres violations graves du droit international humanitaire doivent être jugés. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit instaurer d’urgence un embargo sur les armes afin de prévenir d’autres violations.

Venez nombreux place de l’Opéra à Paris (2ème) à partir de 18h pour apporter votre soutien à l’action d’Amnesty International et exprimer votre solidarité en faveur des victimes de l’opération israélienne “Plomb durci”. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit discuter les 29 et 30 septembre du rapport Goldstone sur les crimes de guerre commis lors de l’opération “Plomb durci”.

Amnesty International organise une journée de mobilisation à travers la France le 29 septembre avec comme point d’orgue une mise en scène artistique et militante place de l’Opéra à Paris.

Vous pouvez participer à cette action en signant la pétition en ligne à l’attention de Bernard Kouchner, Ministre des affaires étrangères

et en vous joignant à cette action nationale le 29 septembre !

19
juin
09

Semaine d’action (5) : Les principes d’un traité sur le commerce des armes

N’OUBLIEZ PAS : la semaine d’action bat son plein avec le concours de T-shirt créatifs, entre Monsieur Poulet et Amnesty International. Depuis plus d’une semaine, 22 T-shirts ont été proposés. Vous pouvez encore envoyez votre visuel, ou voter pour le T-shirt que vous préférez. Les T-shirts sélectionnés seront revendus au profit d’Amnesty International !

La nécessité d’un traité international pour contrôler les armes est désormais bien établie au plan international. Les négociations sont en cours, comme nous le verrons demain. Mais parler seulement d’un contrôle n’est pas la seule étape : il s’agit de mettre en place un traité efficace, pour que le contrôle du commerce des armes soit une réalité. Une fois le traité signé, il faudra mettre en œuvre ce sur quoi les États se seront mis d’accord. C’est donc dans la phase de négociation que se décide l’avenir du traité : un traité fort, qui contient une définition large des armes,  et un mécanisme de fonctionnement fort, ou un papier de plus, qui n’a aucun effet.

Benoît MURACCIOLE, responsable de la Campagne Contrôlez les Armes pour Amnesty International France,  nous explique le fonctionnement  d’un tel traité :

Le risque substantiel d’usage, c’est donc la notion qui va permettre d’évaluer si une exportation d’arme est ou non acceptable au point de vue des principes du droit international existant. Mais quels principes du droit international ?

Comme on l’a déjà mis en avant, ce sont les droits humains, le droit international humanitaire, et le développement économique et social d’un pays, qui seront les baromètres de ce risque substantiel d’usage. C’est la règle d’or.

Benoît MURACCIOLE nous présente les principes qui devraient être en application dans le traité :

Si un pays viole les droits humains, comme la Guinée avec la liberté d’expression et de manifestation quand elle réprime dans le sang les manifestation de la fin, il y a un risque substantiel. Si dans un pays en conflit, les civils sont pris pour cible, comme au Sri Lanka, il y a un risque substantiel de violation du droit international humanitaire. Si dans un pays à fait passer les dépenses militaires avant les dépenses essentiels comme pour l’eau, la nourriture, l’habitation, il y a un risque substantiel de violation des droits économiques et sociaux.

Il devra y avoir une évaluation au cas par cas : ce sera la responsabilité des États de contrôler les productions sur leur territoire, ainsi que les exportations. Une arme vendue ne le sera qu’à un pays qui ne présentera pas de risques substantiels. Pour s’assurer que l’arme ne sera pas réexportée, un certificat d’usage final de l’arme devra être délivré par le pays importateur.

Enfin, les États coopèreront les uns avec les autres pour s’assurer du fonctionnement des mécanismes du traité, par un échange d’aide à l’évaluation, et à la mise en œuvre des principes du traité.

Un tel mécanisme n’est pas impossible à mettre en place. Les traités existants sur l’interdiction d’une arme précise sont déjà allés très loin. C’est le cas de la Convention d’Oslo sur l’interdiction de la production et de la vente des armes à sous-munitions (ces bombes qui, avant l’impact, explosent en plusieurs petites bombes qui se disséminent sur un espace plus large). Thierry PHILIPPONNAT, membre de la Commission Entreprises d’Amnesty International France, nous explique le fonctionnement de cette convention, signée en décembre 2008 :

Un traité général sur le commerce des armes est plus ambitieux qu’un traité spécial sur une arme interdite. L’arme interdite ne doit même pas être produite, encore moins utilisée. Le commerce des armes se base en très grande partie sur des armes légales au point de vue international, mais dont l’usage présente ces risques substantiels. Le concept étant plus difficile à définir, c’est pourquoi il faut au départ bénéficier d’un traité efficace. Cette efficacité ne pourra être assurée que par les négociations pour l’établissement du TCA !

Demain : les négociations pour l’établissement d’un TCA

18
juin
09

Semaine d’action (4) : Les transferts et le commerce des armes

N’OUBLIEZ PAS : le concours de T-shirt créatifs, entre Monsieur Poulet et Amnesty International. Le succès est toujours au rendez-vous :  19 T-shirts proposés. Participez  et votez !

Depuis 1999, le commerce des armes a connu une croissance de 45%. En 2008, les dépenses militaires dans le monde équivalaient à  1464 milliards de dollars US, ce qui représente environ 2,5% du PIB mondial (source : SIPRI yearbook 2009). Il ne s’agit donc pas d’un commerce parallèle, ou d’une quantité négligeable.

Dans le même temps, 700 000 personnes au moins sont mortes des violences armées. Si toutes les ventes d’armes ne sont pas illégales ou répréhensibles, il faut quand même se rendre à l’évidence que dans un grand nombre de cas, un contrôle serait nécessaire.

Il existe certains systèmes de contrôle au plan international, au rang desquels les embargos internationaux ou régionaux. Mis en place dans les années 1980, cette technique s’est révélée particulièrement inefficace dans la plupart des conflits. Le deuxième moyen de contrôle sont les lois des pays exportateurs, mais là encore, elles sont faibles, inefficaces, et peu mises en œuvre. Christophe SAINT MARTIN et Benoît MURACCIOLE nous explique les défauts de ces mécanismes.

Le commerce des armes se fait par le transfert des armes, c’est-à-dire le passage d’une arme, dans sa définition la plus large, par une frontière. Une force militaire comme les Etats-Unis, qui envoie des armes à ses troupes en Irak, c’est un transfert d’armes. Une vente est le transfert d’armes par excellence.

Les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont les 5 grands pays exportateurs, et représentent pratiquement 80% des transferts internationaux (la Chine n’étant pas transparente sur son commerce d’armes, il est impossible de la situer réellement dans ces statistiques). Les principales régions vers lesquels ont lieu ces tranferts sont l’Est de l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient (source : SIPRI yearbook 2009)

Benoît MURACCIOLE nous explique ce qu’est un transfert d’arme, et les risques d’un commerce des armes sans contrôle des transferts, particulièrement avec la situation irakienne, où des centaines de milliers d’armes transférées par les Etats-Unis ont “disparues” :

Enfin, le commerce des armes, ce n’est pas seulement des transferts de matériel ou de compétences. Ce n’est pas non plus qu’un commerce étatique. C’est aussi des acteurs économiques qui font ce commerce : commerciaux, intermédiaires, revendeurs, fabricants, et aussi les différents acteurs financiers. Investir dans les armes, assurer la pérennité de la fabrication et du commerce, ce sont des réalités économiques importantes qu’il ne faut pas oublier.

Thierry PHILIPPONNAT, membre de la Commission Entreprise au sein d’Amnesty International France, travaille avec succès depuis plusieurs années sur des actions pour que cessent les investissements des banques et des compagnies d’assurance dans des armes déclarées illégales, comme les mines antipersonnelles ou les bombes à sous-munitions (sur lesquelles nous revenons dans la partie 5 de la semaine d’action). Il nous explique l’importance de la prise en compte des acteurs économiques dans le contrôle du commerce des armes :

Le commerce des armes est compliqué, inclut un grand nombre d’acteur et différentes réalités techniques, politiques,  juridiques et économiques, de la production à l’utilisation finale. C’est un commerce dont la plus-value financière est estimée pour 2007 à 51,1 milliards de dollars, soit à 0,3% du commerce mondial. Le contrôler aurait une incidence directe sur la vie de millions de personnes, et assurerait que ce commerce, qui n’est pas comme les autres, soit traité comme tel !

Demain : les principes du contrôle du commerce des armes

17
juin
09

Semaine d’action (3) : Quelles armes ? Quels effets ?

Parler des armes fait tout de suite penser à la mitraillette, à l’AK-47 – la célèbre Kalachnikov -, au pistolet, à la bombe. En fait, la liste de ce que peut être une arme est un des points les plus discutés dans l’élaboration du traité sur le contrôle du commerce des armes (TCA).

Quels types d’armes ? Benoît MURACCIOLE nous explique la liste des principaux types d’armes concernés par le TCA :

On constate très rapidement avec cette liste que la plupart du matériel mentionné est partie intégrante du commerce international : non seulement les produits finis, mais aussi les munitions, les pièces permettant de construire les armes, la formation sur l’utilisation de l’arme, ou tout simplement la licence pour la production de l’arme – transfert de la connaissance pour une production délocalisée. Tout ceci est une arme, ce qui rend la tâche de faire un traité plus complexe, et les discussions plus longues.

Si l’on ne peut parler de toutes les armes, il est intéressant de se pencher sur certains cas, plus exemplaires, qui représentent à la fois ce que peut être le commerce des armes, mais aussi l’utilisation que l’on peut faire d’un bien une fois en vente. Des membres de la Commission Armes d’Amnesty International France nous donnent des exemples d’armes, et leur utilisation :

La Kalachnikov est “l’arme par excellence” : des dizaines de millions de cette arme, la plus simple, la plus maniable, la plus fiable, sont actuellement en circulation dans le monde entier. C’est l’arme des conflits !

Mais comme le rappelle Leïla LE BOUCHER BOUACHE, les armes ne se retrouvent pas qu’en situation de conflit. Le matériel de sécurité et de police est ce qui équipe toutes les forces de maintien de l’ordre dans le monde. Il n’empêche que vendre ces armes à des pays qui s’en servent par la suite par la répression sanglante de manifestations légitimes, comme la Guinée, à qui la France continue de vendre des munitions.

Enfin, le problème des biens à double usage est un des problèmes les plus difficiles à cerner. Un 4×4 Toyota n’est pas forcément une arme de guerre, mais il sert au transport de troupes dans une grande partie des conflits actuels, étant à la fois abordable et résistant. Un contrôle sur ce type d’arme est peut-être un des plus importants.

Il faut tout de même noter que certaines armes sont déjà interdites en droit international. L’histoire du droit international humanitaire, connu aussi sous le nom de droit de la guerre, s’est construit en partie autour de l’interdiction de certaines armes, qui créent des maux superflus. Tuer est un but de la guerre, mais il n’est pas nécessaire de faire souffrir pour cela. Un autre principe est celui, mentionné hier, de la protection des populations civiles : une arme qui ne permettrait pas de cibler les combattants, au détriment des civils, est interdite.

Le mouvement international d’interdiction de ces armes est en mouvement. En 1997, le traité sur l’interdiction des mines antipersonnelles était une étape importante dans ces interdictions. La convention de 1980 sur l’interdiction de certaines armes classiques, comme les lances-flammes, les armes laser … ou la récente convention sur l’interdiction des armes  à sous-munitions sont d’autres exemples.

Mais l’existence d’une norme n’empêche pas l’utilisation de telles armes en situation de guerre, ni même le développement de nouvelles armes, qui défient les notions existantes du droit, qui est moins rapide à évoluer que les innovations technologiques … Cela a été entre autre le cas lors du conflit de Gaza du début de cette année. Certaines armes, comme les DIME ou les bombes à phosphore blanc,  ont été utilisées en violation des règles internationales du droit international humanitaire existant, comme l’a relevé Amnesty International dans un rapport. Christophe SAINT MARTIN nous explique cela :

Un traité international sur le contrôle du commerce des armes permettrait que de telles armes ne soient pas vendues à des pays qui s’en serviraient pour violer les droits humains ou le droit international humanitaire, sans attendre l’évolution du droit arme par arme. Il faut donc un traité assez large pour couvrir toutes les situations, mais aussi basée sur les principes du droit international existant, pour qu’il soit efficace !

Demain : Les transferts et le commerce des armes


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16
juin
09

Semaine d’action (2) : L’impact du commerce des armes sur les populations civiles

Les civils constituent aujourd’hui la vaste majorité des victimes dans les conflits armés [...] les combattants et autres éléments armés les prennent de plus en plus souvent directement pour cible“. Ceci n’est pas ‘une déclaration d’intention : c’est l’extrait de la résolution 1265(1999) du Conseil de Sécurité de l’ONU, une des plus hautes instances internationales. C’est un texte qui a force obligatoire pour les Etats de la communauté internationale.

Ce constat de 1999 n’est que le reflet d’une réalité plus poignante, qui dure encore 10 ans plus tard : la grande majorité des victimes de la violence armée sont, dans les cas de conflit, les populations civiles. Celles-ci, au regard des droits humains et du droit international humanitaire, sont normalement protégées contre ces violences. Mais la réalité des conflits fait que les violences armées touchent directement les populations civiles, et font des ravages.

Il y a aujourd’hui 16 conflits actifs sur la planète. En République Démocratique du Congo, un des conflits les plus anciens, mais toujours non résolus, les violences armées ont fait plus de 5 millions de morts, comme le rappelle Benoît MURACCIOLE, responsable de la Campagne Contrôlez les Armes pour Amnesty International France, qui nous présente le conflit et les conséquences du flux des armes sur les populations civiles :

Arrêter le flus des armes, c’est donc participer à la protection des populations civiles, et éventuellement à la résolution des conflits. Ce flux des armes, qui touchent toutes les populations, a une influence encore plus dramatique sur la situation des personnes dites “vulnérables” : les femmes, les personnes âgées, les enfants …

La situation des enfants-soldats est bien connue, mais le flux d’armes vers un pays permet de créer ou de pérenniser une situation de conflit, où les enfants sont les premiers combattants. Armés de kalachnikovs, arme légère et maniable par excellence, ils se trouvent dans une situation dramatique, qui n’en finit jamais. Christophe SAINT MARTIN, responsable de la Commission Armes d’Amnesty International France, nous parle de la réalité des enfants-soldats, et du lien qu’ils entretiennent avec le transfert et le flux des armes :

L’impact des armes n’est pas seulement pour les pays en guerre. La violence armée se trouve aussi au Brésil, dans les situations de “conflits urbains”, dans des pays en reconstruction, comme les pays des Balkans, ou dans les pays qui se sentent en situation d’instabilité. C’est le cas du Pakistan, pays pris entre deux fronts : le conflit larvé avec l’Inde, et l’Afghanistan. Dans ce pays, la production d’armes locales est plus importante que le développement. Assurer une forme de sécurité, c’est aussi permettre aux populations civiles de se tourner vers d’autres activités économiques, et recréer le tissu social. C’est aussi cet impact sur les populations qui est essentiel de prendre en compte, comme nous le rappelle Benoît MURACCIOLE :

Il faut que la raison d’Etat n’empiète pas sur la raison des peuples. Comme le dit la même résolution du Conseil de Sécurité, en son paragraphe 17 : “l’accumulation excessive et l’effet déstabilisateur des armes légères entravent considérablement l’acheminement de l’assistance humanitaire et peuvent exacerber et prolonger les conflits, mettre en danger la vie des civils et porter atteinte à la sécurité et à la confiance nécessaires pour le rétablissement de la paix et de la stabilité“.

Il est temps que cette conclusion évidente amène la communauté internationale à prendre des actions concrètes et efficaces, pour réduire l’impact du commerce des armes sur les populations civiles.

Demain : Quelles armes ? Quels effets ?

 

ET TOUJOURS : le concours de T-shirt créatifs, entre Monsieur Poulet et Amnesty International. Rien n’arrête la participation. Déjà une semaine, et un succès qui ne se dément pas :  13 T-shirts proposés. Participez !

15
juin
09

Semaine d’action (1) : Contrôler le commerce des armes ?

La violence armée tue plus de 700,000 personnes par an, et blesse sévèrement plus d’un million de victimes. Pourtant le commerce mondial des armes, qui alimente l’épidémie de violence armée, n’est pas sujet de la réglementation internationale.

C’est de ce constat que part l’action de la Campagne internationale “Contrôlez les Armes“. Un réseau d’associations et d’ONG, dont Amnesty International, Oxfam, le RAIAL (Réseau d’Action International sur les Armes Légères) … s’est formé à partir de 2003, autour de ce constat qui, en plus d’être évident, se faisait de plus en plus pressant : une action internationale est nécessaire pour contrôler le commerce des armes dans le monde.

Benoît MURACCIOLE, responsable de la campagne Contrôlez les Armes pour Amnesty International France,  nous explique ce phénomène :

Une arme ne viole donc pas les droits de l’homme en tant que telle, mais elle est le parfait intermédiaire qui permet, voire facilite, les violations des droits humains.  Comme le dit Benoît,  agir sur ces transferts d’armes peut avoir “plus d’impact” qu’une action a posteriori, quand il est déjà trop tard.

C’est de ces constats qu’est née cette campagne, et cette volonté de stopper le commerce des armes. Tout le commerce des armes ? Non, il s’agit d’analyser les situations, d’évaluer les risques qu’un transfert d’armes puisse faciliter, encourager et aggraver ce qui se passe dans un pays et mener à des violations des droits humains.

Chaque pays a le droit souverain de produire ou d’acheter des armes pour se défendre. Ce droit est même garanti par l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Mais cette même Charte rappelle, dans ses articles 1, 55 et 56, que les Etats doivent respecter et promouvoir les droits humains dans le monde : cela veut dire sur leur territoire, mais aussi s’assurer de ne pas faciliter ces violations sur d’autres territoires. C’est ici qu’entre en jeu le contrôle du commerce des armes sur le plan international.

Amnesty International s’engage pour qu’existe ce contrôle international du commerce des armes, comme nous l’explique Stephan OBERREIT, le directeur d’Amnesty International France :

Cette campagne part donc d’un constat : il existe de graves violations des droits humains, du droit international humanitaire, et un amoindrissement des capacités de développement dûes aux transferts d’armes dans le monde. C’est en agissant aussi sur ces transfert que la situation des populations civils et des victimes de ces violences peut s’améliorer !

Demain : L’impact sur les populations civiles


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14
juin
09

Semaine d’action contre la violence armée dans le monde

Affiche Semaine d'action 15-21 juin 2009

Lancée pour la première fois en 2001, la semaine d’action est devenue le plus grand évènement coordonné de prévention de violence armée dans le monde. Cette année, cette dernière se déroule du 15 au 21 juin 2009.

La violence armée tue plus de 700,000 personnes par an, et blesse sévèrement plus d’un million de victimes. Pourtant le commerce mondial qui alimente l’épidémie de violence armée n’est pas sujet de la règlementation internationale.

Un traité fort sur les Commerces des Armes (TCA) est un besoin urgent,  comme des centaines de personnes  meurent au quotidien par les armes conventionnelles. Les discussions au sujet du Traité sur les commerces des armes (TCA), qui reprennent au Nations Unies dans quelques semaines, lors des discussion du groupe de travail informel, est une opportunité d’accélérer le processus. C’est pourquoi le TCA est l’un des  centres d’intérêt de la Semaine Mondiale d’Action contre la violence armée qui se déroule du 15 au 21 Juin.

Durant cette semaine, l’équipe de la Commission Armes d’Amnesty International vous propose des réflexions autour de la violence armée et du projet de TCA. Vous retrouverez sur ce blog, durant toute la semaine, à raison d’un thème par jour, des vidéos d’interviews sur le sujet, par des membres d’Amnesty International France. Vous trouverez aussi des textes sur les différents sujets, des liens vers des sites internet …

Enfin, cette semaine d’action verra aussi le lancement de la page “Ressources” de ce blog. Vous pourrez retrouver des liens vers la littérature sur internet concernant la violence armée et le TCA.

Restez connectés pour la semaine d’action !


ET TOUJOURS : le concours de T-shirt créatifs, entre Monsieur Poulet et Amnesty International. Déjà 4 visuels de T-shirts proposés. N’hésitez pas à voter !

09
juin
09

Un concours de T-Shirt créatifs pour le TCA !

A l’occasion de la semaine d’action mondiale, Un traité efficace sur le commerce des armes : le monde ne peut pas attendre, qui aura lieu du 15 au 21 juin 2009, Amnesty International et le site Internet participatif Monsieur Poulet lancent le 11 juin le “Klik Klik Bang ! Contest“, un concours ouvert à tous pour la création de tee-shirts originaux autour de la campagne “Contrôlez les armes”.

Chaque jour, des millions de femmes, d’hommes et d’enfants subissent la violence des armes : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, violation des droits humains et du droit international … Amnesty International, en tant que membre de la Campagne “Contrôlez les Armes”, s’engagent pour que cessent cette violence, particulièrement par l’adoption d’un traité pour le contrôle du commerce des armes (TCA)

Monsieur Poulet est un site internet participatif de vente de vêtements et d’accessoires issus du commerce équitable, où artistes et créatifs se rencontrent quotidiennement, autour de différents concours.

Le concoursKlik Klik Bang !, fruit de la collaboration entre ces deux organisations,  a pour but d’inciter les artistes à réfléchir et proposer un T-Shirt autour du thème des armes, et de l’action qui peut être entreprise pour que soit contrôlé le commerce des armes dans le monde.

Les créatifs de tous bords vont pouvoir déposer leurs illustrations du 11 au 24 juin 2009 sur le site de Monsieur Poulet.  Chaque illustration sera soumise aux votes et commentaires des internautes pendant les 14 jours suivant le dépôt (voir le règlement ici).

Les 2 créations les plus plébiscitées auront la chance d’être retenues par les organisateurs et imprimées sur des tee-shirts éthiques Monsieur Poulet, puis seront mis en vente. Une partie des bénéfices sera reversée à Amnesty International.

Nous vous invitons donc à participer au concours, par vos talents et par vos votes, et à soutenir cette initiative, ainsi que le traité pour le contrôle du commerce des armes dans le monde !