05
juil
12

Ouverture des négociations à l’ONU pour un traité sur le commerce des armes

Lundi 2 juillet devait s’ouvrir la conférence diplomatique de négociation pour un traité sur le commerce des armes, une conférence réunissant, au siège des Nations unies à New York, les 193 Etats de la communauté internationale invités à négocier le texte d’un tel traité.

Des Etats avec des positions parfois divergentes. En effet, les Etats-Unis s’opposent aujourd’hui à l’inclusion des munitions dans le champ du traité. Pour la Chine, le blocage se porte sur les armes légères et de petit calibre. La Russie ne veut, quant à elle, pas de clauses contraignantes sur le respect des droits humains.

L’Union Européenne s’est elle prononcée en faveur d’un fort traité. L’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Suède ont rappelé dans une tribune leur intention d’obtenir « un traité solide, efficace et juridiquement contraignant ».

Lundi 2 juillet : premier jour et premier faux départ ! La conférence n’a en effet pas été ouverte lundi. Le problème : la participation et le rôle de la Palestine dans les débats. L’Egypte, au nom du groupe des pays arabes, a demandé l’exclusion de l’Union Européenne si les Palestiniens n’étaient pas autorisés à prendre part aux négociations (la Palestine et l’UE ont le même statut d’observateur mais l’Union jouit de droits étendus). Suite à cette déclaration, le Vatican a fait entendre ses exigences à son tour réclamant un siège si les Palestiniens étaient admis comme un Etat souverain.

Cette controverse quant au statut de l’Etat palestinien semblerait finalement être une manœuvre tactique de l’Egypte pour affaiblir le traité selon certains diplomates. Ce couac n’aura retardé l’ouverture des négociations que d’une journée puisque l‘ambassadeur argentin Roberto Garcia Moritan a pu officiellement ouvrir la conférence le lendemain, mardi 3 juillet.

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, a prononcé le discours d’ouverture des négociations. Il a notamment plaidé pour l’adoption d’un fort traité multilatéral voué à réglementer le commerce mondial des armes : « Nous avons fait des progrès considérables dans le domaine des armes de destruction massive, mais la communauté internationale n’a pas su maintenir le même élan s’agissant des armes classiques ».

« Certes, les questions nucléaires font toujours la une des journaux, mais les armes classiques tuent tous les jours », a-t-il fait observer, avant de préciser que les transferts d’armes classiques mal réglementés alimentent les conflits civils, déstabilisent des régions entières et consolident les réseaux criminels et les groupes terroristes.

« La mauvaise réglementation du commerce des armes classiques est un obstacle notable à tout ce que nous faisons, dont le moindre n’est pas l’accès humanitaire », a déploré Ban Ki-moon. Une série de normes agréées sur l’exportation des armes, conjuguée à des législations nationales strictes, « peuvent changer tout et plus encore ».

M. Ban en a convenu : « la tâche est extrêmement complexe car le commerce des armes est au cœur des intérêts nationaux. Les préoccupations sont légitimes et les points de vue diversifiés. Vous devez vous accorder sur des critères robustes et faire en sorte que le traité couvre tout l’éventail des armes et des activités pour combler les vides juridiques existants. »

« Notre objectif commun est clair : un traité pour le commerce des armes juridiquement contraignant qui aurait un véritable impact sur la vie de ces millions de gens qui souffrent des conséquences des conflits, de la répression et de la violence armées. C’est ambitieux mais réalisable », a encouragé le Secrétaire général.

Suite à ce discours, Ban Ki-moon s’est vu remettre par Salil Shetty (secrétaire général d’Amnesty International) et la coalition « Control Arms » plus de 620 000 signatures récoltées à travers le monde en faveur d’un traité respectueux des droits humains. Salil Shetty a rappelé l’importance d’un tel texte : « dans le monde entier, les gens savent qu’il nous faut un traité qui agisse sur la cause du problème, et non pas seulement sur le résultat. »

Une soixantaine d’Etats vont maintenant prendre la parole pour défendre leur position sur le texte. Les débats sur le cœur du traité commenceront ensuite en début de semaine prochaine. Dans le monde entier, des personnes renforceront alors la pression exercée sur leurs dirigeants pour qu’ils adoptent un traité fort sur le commerce des armes au cours des prochaines semaines, les négociations devant se terminer à la fin du mois de juillet.

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