Archives de décembre 2008

17
déc
08

Taser : un peu moins mort

Conférence de Presse Taser AIF (c) A. Fernandez LoyolaMardi 16 décembre 2008, Amnesty International dévoile son nouveau rapport : "Less Than Lethal" (en français : Les armes paralysantes dans le maintien de l’ordre).

Depuis 2001, Amnesty International, qui s’est toujours intéressé à la question du respect des droits humains dans le maintien de l’ordre, a porté son attention sur les pistolets à impulsion électrique (PIE), suite à la dotation en PIE de la police américaine. Parmi ces PIE, la marque Taser a fourni un grand nombre de ces armes. En France la marque équipe la police nationale et la gendarmerie.

Pour Stephan OBERREIT, directeur général d’Amnesty International France (au centre sur la photographie), lors de la conférence de presse qui s’est tenue le 16 décembre 2008 au CAPE, « l’idée de ce rapport est de pouvoir participer au débat citoyen indispensable sur les nouvelles armes et leur utilisation »

Ecouter l’intervention de Stephan OBERREIT

Deux conclusions s’imposent pour Amnesty International. La première conclusion est que ces armes à impulsions électriques sont dangereuses, et comme le note le rapport, « potentiellement meurtrières, notamment lorsqu’elles sont utilisées contre des personnes vulnérables, telles que celle souffrant de troubles cardiaques ou qui sont sous l’effet de substances stimulantes ».

La seconde conclusion porte sur l’utilisation de ces armes, et comme le dit Stéphan OBERREIT, « les abus potentiels, et le risque très élevé en terme de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Il n’y a pas de doute. Malgré une arme présentée comme « le pistolet électronique qui sauve des vies », des risques existent, et ne peuvent pas être amoindris par des déclarations commerciales. Entre 2001 et 2008, aux Etats-Unis, « 334 personnes seraient mortes après avoir reçu une des décharges de pistolet Taser utilisés par des policiers. Dans la plupart des cas, les coroners ont attribués ces décès à d’autres causes telles qu’une consommation de drogue ou une mauvaise santé. Cependant, dans une quarantaine de cas, ils ont conclu que le Taser faisait partie des facteurs à l’origine de la mort ».

Le Taser, une arme non mortelle ? Visiblement, dans certains cas, on est « un peu moins mort ». Comme le note Amnesty International, c’est la potentialité de la dangerosité de l’arme qui appelle à la vigilance. Car il s’agit bien d’une arme, ni plus ni moins, qui doit être traitée comme telle, avec une dotation restreinte à un personnel dûment formé, ainsi qu’un cadre d’emploi strictement défini, et en rapport avec les standards internationaux actuels.

Durant cette semaine, nous reviendront sur ce rapport d’Amnesty International, sur ses conclusions, sur différents cas de personnes mortes suite à l’utilisation d’un Taser, et sur les recommandations d’Amnesty International, qui sont en ligne directe avec celles, entre autre, des Nations Unies ou du Conseil de l’Europe

Florian MONNERIE




Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.